Comment prédire la performance d’une variété avant même de la déployer dans un environnement donné ?
C’est l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les programmes d’amélioration variétale, dans un contexte marqué par la variabilité climatique et la nécessité de développer des cultures plus adaptées aux conditions de production.
Pendant trois jours, chercheurs de l’Université de Floride, notamment du Feed the Future Innovation Lab for Cereals, et de l’ISRA/CERAAS ont croisé leurs expertises autour de cette problématique. L’objectif : renforcer les capacités de la recherche à anticiper le comportement des variétés en mobilisant des outils de prédiction complémentaires aux approches expérimentales classiques.
Les travaux ont mis en lumière les possibilités offertes par la combinaison de plusieurs disciplines : physiologie des cultures, modélisation, intelligence artificielle, télédétection, phénotypage et amélioration variétale.
Au-delà de la mesure des performances en conditions expérimentales, les échanges ont porté sur le développement d’approches capables de simuler et de prédire le comportement des variétés dans différents environnements et systèmes de production.
Une attention particulière a été accordée aux modèles de cultures, qui permettent de mieux comprendre les interactions entre le fonctionnement des plantes, les conditions environnementales et les pratiques de gestion des cultures. Ces modèles constituent ainsi des outils d’aide à la décision pour orienter les choix des sélectionneurs et identifier les variétés présentant le meilleur potentiel selon les contextes agroécologiques.
Les participants ont également examiné les apports des données satellitaires, des drones, des capteurs et des technologies de phénotypage à haut débit. Leur exploitation, associée aux méthodes de modélisation et d’analyse avancée, ouvre des perspectives pour améliorer la caractérisation des plantes et accélérer les processus de sélection.
La participation du Dr ModouMbaye, chercheur à l’ISRA/CERAAS, a contribué à ancrer les échanges dans les enjeux de la recherche agricole en Afrique, où la capacité des variétés à s’adapter à des environnements contrastés constitue un défi majeur.
Ses travaux mobilisent notamment la modélisation des cultures, l’analyse des interactions génotype × environnement × pratiques de gestion (G×E×M), l’intelligence artificielle, la télédétection, le phénotypage à haut débit et la sélection génomique.
La convergence de ces approches permet d’envisager une amélioration variétale davantage orientée vers la prédiction. En intégrant les données génétiques, physiologiques et environnementales, les chercheurs peuvent mieux caractériser les facteurs qui déterminent les performances des cultures et explorer les réponses possibles à différents scénarios climatiques et conditions de production.
Cette démarche ouvre la voie à des stratégies de sélection plus ciblées, susceptibles de contribuer au développement de variétés mieux adaptées aux contraintes agroécologiques et aux effets du changement climatique.
Au-delà des échanges scientifiques, cet atelier a illustré l’importance des collaborations internationales et de l’interdisciplinarité pour faire évoluer les méthodes de recherche et répondre aux défis de l’agriculture.
En favorisant les synergies entre physiologie, génétique, modélisation et technologies numériques, le CERAAS contribue à promouvoir des approches innovantes pour renforcer l’efficacité des programmes d’amélioration variétale.
À travers cette dynamique, l’ISRA/CERAAS réaffirme son engagement en faveur d’une recherche agricole tournée vers l’innovation, l’adaptation au changement climatique et la résilience des systèmes de production, au service d’une agriculture plus performante et durable en Afrique de l’Ouest.

