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Mandat

Les pays ouest africains sont marqués par de profondes et significatives mutations dont les évolutions sont lourdes de conséquences pour l’agriculture. Ainsi globalement la population double tous les 25 ans, et tend de plus en plus à s’urbaniser. L’urbanisation croissante de la population, qui devrait avoir un effet bénéfique sur l’élargissement du marché potentiel pour les producteurs n’a en fait que peu d’impact dans la zone sahélienne où les agricultures sont davantage marquées par une logique d’autosubsistance que par une logique de commercialisation. Elles sont fondées sur l’exploitation des ressources locales, et la configuration climatique de la campagne agricole reste le principal facteur déterminant les rendements et donc les ressources des paysans.

Cet effet est accentué par le fait que le matériel végétal cultivé dans ces régions est parfois mal adapté au milieu et/ou à la demande du marché. Les cultures sont en effet insuffisamment diversifiées, et les variétés et les modes de production utilisés ne sont pas toujours adaptés à la sécheresse. Quand ils le sont, il faut anticiper les changements climatiques, et améliorer encore leur tolérance au déficit hydrique.

A cet aspect s’ajoutent d’autres contraintes locales en particulier la raréfaction des ressources en terre. En effet, sous la pression démographique croissante, les modes traditionnelles de gestion de la fertilité des sols comme la jachère, sont remis en question au profit de l’extension des surfaces cultivées et de certaines formes d’intensification. En outre la réforme des politiques agricoles en particulier la suppression des subventions aux intrants qui renforce le déséquilibre des systèmes de production contraints d’exporter plus qu’ils ne restituent, conduisent à la dégradation des ressources naturelles. Cette faible fertilité des sols est aggravée par des potentialités d’intensification des cultures limitées du fait de multiples contraintes. Outre les limitations majeures mentionnées plus haut, des contraintes socio-culturelles amplifiées par la quasi-disparition de l’encadrement agricole font que les paysans ont des difficultés à modifier leurs pratiques culturales pour mieux gérer les risques climatiques.

Ces facteurs expliquent que la région sahélienne est affectée, depuis plusieurs décennies, par une stagnation voire une baisse des rendements agricoles particulièrement inquiétante dans le cas des cultures alimentaires, car elle conduit à une augmentation du déficit alimentaire du fait de la croissance démographique.

Au niveau des populations, le déficit de production se traduit par une détérioration du revenu des paysans et par des conditions de vie de plus en plus difficiles s’apparentant, dans bien des situations, à de la survie. Il est donc urgent de trouver des solutions propres à enrayer ce mécanisme afin d’améliorer les conditions de vie en milieu rural.

Le contexte décrit précédemment a des conséquences alarmantes, qui sont notamment un déficit alimentaire et un appauvrissement des populations, ainsi que la désertification des zones considérées.

Le Ceraas a été créé pour répondre à ces défis. C’est un laboratoire national à vocation régionale possédant une double tutelle : l’Isra, la structure mère, dont il a en charge le programme national d’étude de la sécheresse chez les plantes, et le Coraf, dont il est une base-centre régionale traitant l’une des 5 thématiques du réseau de recherche sur la résistance à la sécheresse (R3S).

Sa mission est de fournir des solutions techniques pour

- réduire l’effet dépressif de la sécheresse sur les productions agricoles et par là réduire le déficit alimentaire et améliorer le niveau de vie des populations,

- participer à la lutte contre la désertification et à l’amélioration de la gestion des ressources naturelles.

Pour remplir sa mission, le Ceraas a basé sa programmation scientifique sur les priorités définies par les plans stratégiques de l’Isra et du Coraf, en matière de recherche et de formation dans le domaine agricole.

Son action se situe au niveau de l’agriculture, et comprend deux axes :

  • RECHERCHE FINALISEE

Identifier et sélectionner du matériel végétal mieux adapté à la sécheresse, qui produira plus et conduira à une stabilisation voire une diminution du déficit alimentaire des pays en zones sèches en général. Pour atteindre cet objectif, le Ceraas conduit des programmes de recherche visant à comprendre les réactions des plantes à la sécheresse et proposer des solutions en termes de matériel végétal amélioré et d’itinéraires techniques, pour diminuer l’impact de cette contrainte.

  • FORMATION

Améliorer les compétences travaillant dans le domaine dans les pays des zones sèches. L’idée est de conduire des programmes de formation, spécifiquement orientés vers l’adaptation des plantes à la sécheresse, de façon à ce que chaque pays concerné puisse augmenter et atteindre une masse critique de scientifiques spécialisés capables d’élaborer et mener des programmes de sélection plus performants conduisant in fine à l’augmentation des productions nationales.

Zones d’intervention

Le Ceraas est situé au Sénégal, en zone sahélienne. De par son mandat, sa zone d’intervention privilégiée est la zone aride et semi-aride d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Cependant son expertise l’a conduit à développer son partenariat avec d’autres pays, d’Afrique ou d’autres continents (Argentine, Brésil, Vietnam).

Il accueille aussi de nombreux étudiants et chercheurs des pays du Nord dans le cadre de ces mêmes partenariats pour des séjours de recherche ou de formation.


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